L'homme aux cardères
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Eloge de la spirale
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Eloge de la spirale

L'arbre cerf
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Les grandes traversées
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ceci est mon corps
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Régénérescence
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dessins paysages
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La Graine
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La Graine

l'arbre poumon
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Regards croisés

Corinne Anguzou écrit la matière

Les sculptures racontent beaucoup d'histoires. cela paraît évident mais j'ai mis du temps à entendre leurs petites voix multiples, confuses, échevelées, à peine audibles. Il faut bien sûr d'abord apprendre le langage des lianes. Au bout d'une vingtaine d'années je connais deux ou trois idiomes de base sur le bout des doigts, parfaitement sensibilisée aux suppliques végétales de la matière que je travaille.

Cela commence par la lettre O qui signifie Ouvre, Ouvre tes gestes à partir d'un cercle comme si tu l'avais toujours entre tes mains. Ensuite interfèrent des sons droits comme les I de iris et de toutes les lignes qui doivent traverser l'intérieur des cercles. Courbes, lignes et trames, les clématites me soufflent un alphabet graphique pour dessiner les espaces, dehors.

Souvent il y a du vent, c'est l'automne ou c'est dimanche, une fois il y a des guêpes, un soir j'y vois plus rien c'est déjà la nuit. Des feuilles se soulèvent et s'accrochent sur le grand corps végétal que je sculpte, on dirait qu'il palpite doucement sous la lune en racontant une infra histoire sensorielle. A propos de l'air. Le grand corps invisible de l'air, c'est à celui-là que tu touches avec des lianes entre tes mains.

Je ne me rappelle pas laquelle de mes sculptures a commencé à hausser le ton avec moi, ce n'était pas désagréable mais ce n'était pas non plus très simple, comme si la forme en savait réellement beaucoup plus que moi sur ce qui fait qu'un volume devient un pôle de compréhension de l'espace alentour.

L'avantage avec les sculptures de clématites est qu'on voit tout à travers, le paysage les traverse, où est le dedans? Où est le dehors? Qui contient l'autre? les formes créées répondent qu'elles sont simplement des membranes d'air, de lianes, de transparences et de lumières. Comme les enveloppes d'une vie secrète à mi-chemin entre les humains, les paysages et leurs composantes minérales et végétales.

Des sphères vides, des buissons chauves, des rochers transparents, un trône sur l'eau, des corps géants... Tout oela pour déchiffrer ce qu'on appelle la nature, en instaurer une autre lisibilité. A chaque fois comme si je la débarrassais des vieilles frusques de mon regard. A chaque fois comme si j’allais voir sous les jupes de la nature, y compris à l’intérieur des corps, à la recherche d'éléments structurels.